mardi 19 août 2008

John McCain

Après ce bref silence pendant mes vacances dans le sud, j'ai décidé de vous faire un petit article sur cet illustre inconnu: John McCain.

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Avec la obamania dont est saisie l'Europe, on oublie (encore et encore) que l'élection est encore loin d'être gagnée pour les démocrates. Fort heureusement, une petite série d'articles sur McCain dans le New York Times permet de mieux cerner le personnage.

Alors qui est John McCain? A 72 ans, ce vénérable sénateur se présente volontiers comme un conservateur traditionnel. De notre coté de l'atlantique, il serait aisé de le voir comme un personnage plus raisonnable que W.Bush, moins extrême quant à l'implication américaine au Moyen-Orient et plus éloigné du lobby pétrolier.

Il n'en est rien.

S'il y a une chose à retenir de John McCain, c'est qu'il est parfaitement dans la continuité de W.Bush, qui l'a d'ailleurs devancé à l'investiture républicaine de l'an 2000. En bon républicain, il est hostile à l'avortement ou au mariage homosexuel. Il soutient fermement le second amendement (le droit de posséder les armes à feu) et la peine de mort. Après s'être récemment prononcé en faveur de la prospection pétrolière au pôle nord, il a reçu un soutien financier colossal de la part des industries pétrolières. Ce qui ne l'empêche pas d'être lui-même très riche: sa femme est (entre autres) la présidente de Budweiser.

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On aurait pu espérer que les républicains se seraient distancés des politiques désastreuses de l'administration Bush. Mais McCain a toujours été le premier à soutenir l'interventionisme américain au lendemain de 9/11. De fait, en septembre 2001 il était un des sénateurs les plus médiatisés car il appelait les Etats-Unis à riposter contre tous les pays potentiellement alliés aux terroristes d'Al Qaida, notamment l'Irak, l'Iran et la Syrie. Il a constamment soutenu l'invasion de l'Irak et la destitution de Saddam Hussein. Loin d'être distant des néo-conservateurs, il affirmait après l'élection de W. Bush qu'il aurait également choisi Dick Cheney comme vice-président. Interrogé récemment sur sa définition du "mal", et la façon de le confronter, McCain continue à parler de l'islamisme et à rendre hommage aux soldats américains actuellement sous les drapeaux. A titre de comparaison, Obama préfère parler du "mal" fait avec "de bonnes intentions", une façon prudente de condamner l'aventurisme militaire.

Connu pour son tempérament un tantinet sanguin, McCain est un homme qui n'a pas peur d'utiliser la force militaire pour défendre les intérêts américains. N'a-t-il pas mentionné qu'il lui paraissait envisageable d'utiliser l'arme atomique contre l'Iran? Mais au fond du fond ce qui est le plus remarquable chez John McCain, c'est encore qu'il talonne Obama dans les sondages. Après tout, être candidat à la Maison Blanche quand on est noir, ce n'est pas encore une partie de plaisir...

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