vendredi 31 octobre 2008

Un peu de musique dans un monde...

Le suspense des élections n'a plus que quelques jours devant lui, rappelons rapidement comment ça marche.

L'élection présidentielle américaine est indirecte. Les citoyens des Etats-Unis élisent des grands électeurs en fonction des préférences et affiliations de ceux-ci, et ce sont eux qui voteront pour élire le président. En d'autres termes les américains favorables à Obama vont élire des grands électeurs ayant promis de voter pour lui.

En règle générale, les grands électeurs sont issus des partis présentant un candidat. Ce système bien particulier a été instauré car les pères fondateurs se méfiaient de la population. Cela ne s'invente pas: les rédacteurs de la Constitution ne souhaitaient pas que le peuple puisse avoir un contrôle direct sur la désignation de l'exécutif. L'élection indirecte est donc un moyen de s'assurer que seuls les candidats des partis majeurs puissent être élus.

Chaque état a autant de grands électeurs que de représentants et de sénateurs. Or, le nombre de représentants d'un état étant proportionnel à sa population, certains états auront donc plus de grands électeurs que d'autres.

Voici une carte donnant le nombre de grands électeurs pour chaque état ; à l'évidence certains état sont bien plus importants que d'autres.
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Et comme prévu, un peu de musique issue de YouTube, avec les contributions musicales de Will.I.am (des Black Eyed Peas) assisté notamment de Scarlett Johansson.

Le premier clip reprend les paroles de Barack Obama lors d'un discours de campagne dans le New Hampshire en janvier de cette année. Le slogan "yes we can", est ici repris par un ensemble d'artistes montrant leur soutien au candidat démocrate. Le Monde Diplomatique nous donne une traduction des premières paroles que j'ai complété:

« Ce credo était inscrit dans les documents fondateurs qui déclaraient la destinée d’un pays.

« Oui, nous pouvons.

« Il a été murmuré par les esclaves et les abolitionnistes ouvrant une voie de lumière vers la liberté dans la plus ténébreuse des nuits.

« Oui, nous pouvons.

« Il a été chanté par les immigrants qui quittaient de lointains rivages et par les pionniers qui progressaient vers l’ouest en dépit d’une nature impitoyable.

« Oui, nous pouvons.

« Ce fut l’appel des ouvriers qui se syndiquaient ; des femmes qui luttaient pour le droit de vote ; d’un président qui fit de la Lune notre nouvelle frontière ; et d’un King [NDLR : en anglais, un roi, mais dans le cas d’espèce il s’agit de Martin Luther King] qui nous a conduits au sommet de la montagne et nous a montré le chemin de la Terre promise.

« Oui, nous pouvons la justice et l’égalité. Oui, nous pouvons les opportunités et la prospérité. Oui, nous pouvons guérir cette nation. Oui, nous pouvons réparer ce monde.

« Oui, nous pouvons. »

« Nous savons que la bataille qui s’annonce sera longue, mais souvenons-nous que quels que soient les obstacles qui se dressent sur notre chemin, rien ne peut arrêter le pouvoir de millions de voix appelant au changement. »

« Nous voulons le changement.

« Un chœur de cyniques nous a dit que nous ne pouvions pas accomplir cela… ils se feront simplement plus bruyants et plus dissonants. On nous a demandé de faire une pause et de regarder la réalité en face. On nous a mis en garde contre le fait d’offrir de faux espoirs au peuple de cette nation.
Mais dans cette histoire improbable qu’est l’Amérique, il n’y jamais eu quoi que ce soit de faux à propos de l’espoir. »

« Je veux le changement. »

« Aujourd’hui les espoirs de la petite fille qui va à une école décrépie à Dillon sont les mêmes que les rêves du garçon qui apprend dans les rues de « LA » (NdT : Los Angeles) ; nous voulons nous rappeler qu’il y a quelque chose qui se produit en Amérique ; que nous ne sommes pas aussi divisés que nos politiques le suggèrent ; que nous sommes un peuple, que nous sommes une nation, et ensemble, nous commencerons le prochain grand chapitre de l’histoire américaine avec trois mots qui résonneront de côte à côte, de la mer à la mer luisante : si, nous pouvons. »





La deuxième vidéo est plus simple à comprendre... et un peu plus extrême en un sens, je vous laisse en juger:

lundi 27 octobre 2008

Mais qui sont... les néo-cons?

On a parfois un peu de mal à comprendre pourquoi autant d'Américains souhaitent voter McCain. Dans son article du jour, William Kristol dit qu'il est temps de passer au "coeur de la question", et de "rappeler aux Américains qu'ils n'élisent pas un super-ministre des finances ou un très haut fonctionnaire aux services sociaux et sanitaires, mais un commandant-en-chef des armées en temps de guerre".

On serait tenter de demander "mais quelle guerre?". L'argument belliciste peut surprendre pour qui ne connaît pas les Kristol, cette grande famille de néo-conservateurs. Le père, Irving Kristol, fut à l'origine du mouvement dans les années 60, notamment en fondant le magazine The Public Interest. Le fils, William Kristol, fonda le magazine The Weekly Standard.

La plupart des néo-conservateurs étaient à l’origine des démocrates désireux de s’opposer vigoureusement l’Union Soviétique sur la scène internationale. En 1947 avec le groupe Americans for Democratic Action puis en 1950 dans le Committee of Present Danger, ces politiciens et ces intellectuels affirment leur engagement contre le communisme. Ils considèrent que les Etats-Unis ont une responsabilité morale à promouvoir le libéralisme occidental à travers le monde, et qu’il est nécessaire d’aller plus loin que la simple politique d’endiguement (containment). Ceux-ci apportent progressivement leur soutien aux candidats à la présidence républicains, à commencer par Irving Kristol avec Nixon en 1972. André Kaspi dit d’eux qu’ils « […] viennent de l’extrême gauche qui a combattu le stalinisme au nom du trotskisme, puis s’est ralliée au parti démocrate avant de rejoindre les républicains de Ronald Reagan. » . En 1976, ces « nouveaux conservateurs » sont finalement surnommés « néo-conservateurs » , puis « neo-cons ». Plusieurs d’entre eux deviennent membres de l’administration Reagan et se distinguent par leurs prises de position radicales vis-à-vis de l’Union Soviétique . Ceux-ci sont donc pris par surprise par la Glasnost de Mikhail Gorbatchev qui laisse les Etats-Unis sans opposition idéologique.
Cette absence d’adversaire à la taille des Etats-Unis conduit d’ailleurs l’historien Francis Fukuyama à s’interroger sur une possible « fin de l’histoire » par le succès de la démocratie libérale . Mais les néo-conservateurs demeurent divisés sur la politique étrangère américaine. Certains pensent qu’il est temps désormais de se consacrer à la politique intérieure, comme Jeanne Kirkpatrick qui déclare qu’il « n’y a pas de mission mystique américaine ou de but qui puisse obliger les Etats-Unis à essayer de répandre la démocratie dans le monde » . Seule une minorité souhaite continuer à utiliser l’influence américaine pour policer le monde. Ainsi le journaliste Charles Krauthammer va jusqu’à dire que « si les Etats-Unis n’agissent pas, personne ne le fera » . En 1997, les néo-conservateurs partisans de la suprématie américaine se rassemblent pour fonder le Project for a New American Century qui cherche à promouvoir les intérêts et le leadership américain ; le président du PNAC sera... William Kristol.

On comprend donc mieux pourquoi un Kristol peut insister sur les qualités de commandant-en-chef des armées pour un candidat à la présidence, plutôt que sur ses qualités de gestionnaire de fonds publics, et ce même en pleine crise économique. Pour les "neo-cons", la suprématie américaine doit être préservée, et ce quel qu'en soit... le prix.
Espérons que les électeurs auront autre chose en tête que la domination du monde...

mercredi 22 octobre 2008

"On ne peut exclure une victoire de McCain"

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Les chances d'un retour de McCain sont a priori minces. Les médias français se plaisent à rappeler que sa couleur de peau peut encore porter préjudice à Obama, mais son avance semble suffisante pour lui assurer la victoire.
Pourtant, rien n'est jamais gagné en politique. On cite la victoire surprise de Harry Truman en 1948 ou celle de Ronald Reagan en 1980.
Le cas le plus pertinent reste celui de Tom Bradley, candidat au poste de gouverneur de Californie, et donné vainqueur à l'époque par tous les sondages... qui perdit l'élection à cause de sa couleur de peau, un facteur sous-estimé par les sondages.
Obama pourrait donc perdre lui aussi à cause de sa noirceur? Mais dans ce cas, n'est-ce pas dire que cette élection sera la mesure du racisme aux Etats-Unis?

Le 4 novembre nous saurons si les américains ont tourné la page ouverte par Lincoln...

lundi 20 octobre 2008

Le vent tourne pour Obama

Le vent souffle dans le sens d'Obama ces jours-ci. Lui qui a commencé la campagne comme outsider et a du batailler ferme contre les Clinton se trouve aujourd'hui (à deux semaines de l'élection) dans une position de favori.
Sa campagne enregistre des dons record: 150 millions de dollars en septembre, peut-être plus encore en octobre! Cet argent lui permet de financer des spots publicitaires longs et coûteux, et donc de battre les républicains à leur propre jeu, c'est à dire celui qui a le plus de moyens...
De fait, le vent tourne aux Etats-Unis, et la campagne républicaine, à l'image de son candidat, semble à bout de souffle. Pas seulement sur la forme, puisque les attaques répétées sur Obama le qualifiant de socialiste, d'anarchiste, de terroriste, ou plus simplement d'homme susceptible d'augmenter les impôts pour les "pauvres gens", ne prennent plus.
De fait, comme l'analyse Paul Krugman, le journaliste du New York Times récemment nobelisé en économie pour ses théories néo-keynesiennes, le paradigme républicain ne fonctionne plus. Le paradigme républicain c'est quoi? C'est le tour de force réussi par Nixon, puis Reagan, de faire croire que le parti républicain était celui des "pauvres gens", de l'américain moyen ("Joe le plombier") qui travaille dur et qui se fait voler le fruit de son labeur par les impôts d'un état fédéral dirigé par des démocrates élitistes et condescendants. Mais il semble plus difficile de faire passer un Obama pour élitiste qu'un Kerry, et les tentatives de faire passer McCain comme un "homme du peuple" échouent les uns après les autres. Peut-être les sept maisons et les treize voitures du candidat républicain y sont-elles pour quelque chose...
Il était temps que les américains se réveillent. Ce n'est plus seulement les gauchistes à-la-Krugman qui voient dans les républicains des ploutocrates finis, mais également une partie des républicains eux-mêmes: le soutien surprise du jour de Colin Powell à Obama en est la preuve.

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Powell trouve que son parti est devenu "trop conservateur" sous W.Bush. et se dit "inquiet" de la direction prise ces dernières années. Le prochain président dit-il devra "améliorer la réputation que nous avons laissée au reste du monde". De là à dire que la politique extérieure de "W" a attiré l'anti-américanisme comme la Louisiane attire les ouragans il n'y a qu'un pas...
Mais ce soutien de Powell aurait sans doute moins de portée si celui-ci n'était pas un indécrottable républicain à la base. Lui qui a servi sous Reagan (comme conseiller à la sécurité) et sous Bush (comme secrétaire d'état) est un ami personnel de McCain et l'année dernière encore lui a versé plus de 2000$ pour sa campagne. Alors quoi, qu'est-ce qui a changé pour qu'un Powell décide enfin que les républicains sont allés trop loin? Comment se fait-il que l'homme qui s'est opposé autrefois à la discrimination positive au nom du respect de soi a-t-il pu en venir à croire que les démocrates étaient meilleurs pour l'avenir des Etats-Unis?
Il faut croire que le vent tourne, et qu'il apporte de l'espoir...



"Cela pourrait arriver à n'importe qui... l'espoir."

jeudi 16 octobre 2008

Talk to your parents about McCain

Une autre vidéo dans le même genre que la précédente... hilarant si vous comprenez bien l'anglais.




Pour les non-spécialistes...
- Le slogan sur la casquette "Drill baby, drill" est celui de Sarah Palin pour cautionner les forages pétroliers en Alaska. A l'évidence, toute personne portant une telle casquette va voter républicain.
- Le clip est en fait une parodie des clips anti-drogue : "Juste parce que d'autres personnes de votre âge le font ne veut pas dire que c'est cool" évoque à la base la consommation de cannabis, assez répandue chez les jeunes américains. "Voter républicain, ne serait-ce qu'une seule fois, peut avoir des conséquences désastreuses qui dureront des années. Vous ne risquez pas seulement votre futur, vous risquez aussi le mien." évoque la prise de drogues dures. Je vous laisse deviner ce que la casquette symbolise...

Une héroïne pour McCain... ou pas tant que ça...

Ce petit clip sur la campagne présidentielle américaine montre Hayden Panettiere, qui incarne l'indestructible Claire Bennet dans la série Heroes. Elle nous explique ici pourquoi il faut voter McCain... ou pas.




Petit extrait pour les non-anglicistes:
« Il y a trois choses que je pense que tous les citoyens devraient faire : fumer des cigarettes, voter pour McCain et ne pas attacher leur ceinture. Un vote pour McCain est un vote contre le changement. Il conservera les réductions d’impôts pour les riches, commencera une nouvelle guerre et on va tous probablement mourir. Il est juste comme George Bush, sauf qu’il est plus vieux et qu’il a encore plus sale caractère. »

mardi 7 octobre 2008

Dans la peau de George W. Bush

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Après Jacques Chirac, Karl Zero s'attaque maintenant à "W"! "Dans la peau de George W. Bush" sortira le 8 octobre en salle.
Le Monde, dans cet article, juge déjà le film comme une critique facile d'un homme déjà fini, un "tir sur l'ambulance".
Une critique facile donc? Peut-être. Mais voir ou revoir la catastrophe que fut l'administration Bush arrivera toujours à nous amuser autant... ou nous terrifier.

Being W : le site officiel.

lundi 6 octobre 2008

Obama gagnerait... aujourd'hui!

Allez c'est une nouvelle suffisamment bonne pour être saluée. Selon l'article du jour dans Le Monde, Obama remportait la présidence si les élections avaient lieu aujourd'hui.

Pendant ce temps, le New York Times publie une rétrospective étonnante sur la taille et le poids des différents candidats à la présidence, indiquant que le candidat le plus grand et/ou le plus gras a tendance à gagner *!* Dans ce cas, Obama aurait 90% de chances d'être élu puisqu'il est largement plus grand (1m85 quand même) et légèrement plus lourd que McCain. Nous voila rassurés!
En tout cas cela aura le mérite de nous avoir rappelé qu'aux Etats-Unis aussi les gens sont de plus en plus grands: la taille moyenne des présidents américains semble gagner environ 10cm par siècle. L'exception reste ce géant d'Abraham Lincoln avec son 1m93, exceptionnel pour l'époque!
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