lundi 15 décembre 2008

The "modern liberal (?) agenda" (suite)

Le premier plan de secours des grands constructeurs automobiles américains a finalement été refusé. Ce plan proposait "quelques dizaines" de milliards de dollars en prêts destinés à assurer la survie de General Motors et Chrysler. Un plan refusé par les sénateurs Républicains finalement.
Jusque là, pas de surprise: les Républicains sont idéologiquement supposés être opposés aux plans de sauvetages de l'Etat. Là où la surprise vient, c'est quand on s'aperçoit que les Républicains n'ont pas opposé le plan par conviction, mais pour détruire le syndicalisme américain.
Aux Etats-Unis, le Syndicalisme n'est pas toujours vu d'un bon oeil. Traditionnellement associés au socialisme, voir même à l'anarchisme, les syndicats sont plus rares qu'en Europe, mais aussi proportionnellement plus puissants, car comparables aux lobbies politiques qui ont de l'influence au Congrès. Aux Etats-Unis les grèves sont rares, et dans l'Histoire ont souvent été réprimées par les armes (disons le, il y a eu quelques massacres de grévistes). Les syndicats exercent donc leur influence par l'intermédiaire du parti Démocrate en général, et le soutien est mutuel.
Bien sûr, les syndicats des employés de l'automobile sont assez puissants. L'United Automobile Workers Union (U.A.W.) est donc une cible de choix pour les Républicains, qui ont blâmé le syndicat pour l'échec des négociations sur le plan de sauvetage. Comment? En exigeant des employés de l'automobile qu'ils acceptent des salaires plus bas, et qu'ils perdent certains de leurs avantages en sécurité sociale et retraites. Selon Paul Krugman, un mail aurait circulé chez les Républicains pour signaler là "l'opportunité de tirer le premier coup de feu contre les grands syndicats".

Non, on ne rêve pas. Lorsque l'économie va mal, lorsque la gestion des entreprises par le patronat s'avère désastreuse, les premiers à payer sont... les simples employés. Pour les Républicains, la crise est une opportunité pour effectuer un maximum de changements sociaux aux Etats-Unis. De manière générale, la crise est une aubaine pour les partis de droite (en Europe aussi) pour fusiller la sécurité sociale, les retraites ou les avantages divers et variés de ce qui fut surnommé le "prolétariat". A l'évidence, la lutte des classes n'est pas morte pour tout le monde. Alors... Qui a un agenda au juste?

Aucun commentaire: